Drague à l’étalage

Drague à l’étalage

Depuis que mon site Internet et mon blog sont en ligne, j’ai un peu du mal à sortir la tête du guidon. Je pensais que ça venait de moi,

  • des contraintes de publications que je me suis moi même imposées,
  • de mon besoin de travailler aussi sur des projets de fond. Parler de recyclage, d’up-cyclage et de sur-cyclage m’intéresse. D’abord, c’est l’occasion de faire des recherches documentaires (j’adore 🙂 ). Ensuite, j’ai besoin de « faire » pour donner du sens à ce que j’écris.

Et puis au détour d’une discussion avec un autre professionnel de l’ESS et de la valorisation des déchets, une phrase m’a frappée de plein fouet. En gros, ça disait ça : « Pendant tout le confinement, je me suis dit que pour le monde d’après, je travaillerai différemment, en me concentrant d’avantage sur les questions importantes. Depuis le déconfinement, je dois jongler entre toutes mes tâches sans pouvoir les faire à fond. » Bien entendu, cette citation est aménagée pour l’article (j’ai la curieuse habitude de ne pas enregistrer toutes mes conversations 😉 ).

Je vous garantie que ça a résonné / raisonné très fort en moi ! Je ne suis donc pas la seule = d’autres personnes rencontrent le même problème = ce n’est pas entièrement de ma faute (= équivalence complexe = distorsion) ! Une semaine que je me demandais de quoi j’avais besoin. A la fin de cette causerie, je suis passée à l’action.

En bonne praticienne PNL, j’ai ouvert ma boite à ressources et j’y ai sélectionné : « lecture », « voyage », « farniente ». Ça fait beaucoup, j’en conviens. Mais je suis comme ça, un peu boulimique sur les bords (= excessive). Pour une convaincue du zéro déchet, ça la fout un peu mal. J’assume.

En plus, je n’y suis pas allée de main morte ! Je me suis précipitée chez Ariane, (j’aime de plus en plus la fréquenter) et après une heure à tourner dans les rayons, à feuilleter et badiner avec les livres, je me suis offert :

Géorama, de l’apéritif culturel

Géorama : le tour du monde en 80 questions de Julien Blanc-Gras et Vincent Brocvielle.

Mini atlas super ludique, appétitif de la culture, ça se feuillette sans faim, et ça donne envie de faire des quizz. Dans ma tête, se forme cette image réjouissante. Bar de jeux de sociétés, notre super hippocampe relooké pour l’occasion défie les concurrents :

« Pêchées dans la mer du Nord, cuites sur le bateau, elles sont débarquées dans les ports de la Frise hollandaise, puis acheminées en camion frigorifique par la Belgique et la France jusqu’au Sud de l’Espagne. Elles traversent en ferry le détroit de Gibraltar pour atteindre au plus vite les stations de décorticage du Maroc […] Après un petit coup d’acide benzoïque, un conservateur alimentaire, pour assurer le chemin du retour vers le littoral de la mer du Nord, il leur reste une quinzaine de jours avant le péremption »… Je suis ? Je suis ?

Les huit montagnes de Paolo Cognetti

Ce choix a mis du temps à se former. J’avais très envie d’un nouveau livre de Guillaume Jan (je l’ai évoqué avec délice dans cette BD du lundi), Ariane ne l’avait pas en stock, je l’ai commandé :), j’avais pas de roman dans la poche pour autant. Il me fallait donc ré-orienter mon désir. Globe trotteuse dans l’âme (voir cet article où j’avais commencé à vous raconter mes pérégrinations) je me suis laissée tentée par ce best-seller de Paolo Cognetti. L’évidence n’était pas là. Comme beaucoup d’amoureux des sentier buissonniers, je me méfie un peu des best-seller. Et pourtant…

Ce livre est exactement ce dont j’avais besoin : exploration de nouvelles cartes du monde, roman initiatique, souvenirs de jeunesse d’un milanais aux parents fada des montagnes… Paolo Cognetti excelle à mêler découverte des autres et du paysage. Si ça c’est pas de l’écologie dans les grandes largeurs, je suis prête à me farcir une assiette entière de crevettes grises décortiquée (réponse au quizz de l’hippocampe).

Avec deux livres, j’étais déjà super riche. Mais Ariane étant tout prêt de la nuit des temps, et un pas en entraînant un autre, je me suis précipitée pour franchir les portes de cet autre écrin à livres. En moins de cinq minutes (il était 19h, la librairie allait fermer), j’ai attrapé :

Le chant de la frontière de Jim Lynch

Je suis tombée dans la prose de Jim Lynch avec Face au vent, roman drolatique sur une famille « attachante et dysfonctionnelle ». Moi j’aurais dit complètement zinzin, mais personne n’a songé à me contacter pour écrire la 4ème de couverture ;)… Conquise par la plume pétrie d’embruns marins de l’auteur, j’ai poursuivi avec « A marée basse ». Roman initiatique (encore !) truffé d’anecdotes savoureuses sur le littoral du nord Ouest Américain, j’ai complètement fusionné avec le héros, 13 ans, amoureux de Rachel Carson (la grande classe !). Alors voilà, j’avais furieusement envie de lire le troisième roman de Jim Lynch traduit en français.

Je ne l’ai pas encore entamé. Nous sommes dans cette périodes d’échanges de regards, nous nous apprivoisons à distance. Cette fois le héro est mordu des oiseaux. Dès que j’aurai refermé les huit montagnes, ça risque de planer sec !

A main nues de Amandine Dhée

Ce livre là, c’est mon achat impulsif du dernier moment, mon craquage de slip. Je vous l’ai dit, la nuit des temps allait fermer ses portes, et il était là juste à l’entrée, me fixant de sa couverture filée rose. Sans réfléchir, je l’ai attrapé et je n’ai pas pu le reposer. N’a foute, comme dirait mon copain Philippe. Amandine Dhée a écrit « La femme brouillon », la femme brouillon est « libérateur et irrésistiblement drôle » (c’est Le Point qui le dit et cette fois je suis complètement d’accord), A mains nues promet monts et merveilles. C’est écrit dessus : « à force de rêver à du cul politiquement correct, on s’empêcherait presque de jouir. Quand cesserons-nous d’avoir peur de nous même ? ». Parfaitement adapté à cette période de post-déconfinement !

Lettre de gratitude à la lecture

Comblée, j’ai regagné mes pénates pour contempler mes trésors. Avec ça, j’avais (et j’ai encore 🙂 ) quelques heures d’escapades heureuses devant moi. Bibliothécaire un jour, bibliothécaire toujours : vive la lecture !

J’en profite pour lui formuler ma gratitude : Merci pour tout ce dont tu m’as abreuvée depuis mon enfance, je termine mon article et j’arrive, gros bisous, Mathilde ».

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